lundi 20 décembre 2010

Glisse!

petit pastis
à la couleur d'or
petite saucisse
au goût de porc
eau de mélisse
ma petite vieillerie
ton sourire me plaît
fais moi des guilis

Ô eau oh!

Ô végétalien
quand tu bouffes tes racines et que tu bois ton eau via ton filtre brita
végétalien, tu me saisis
par ta nature tellement sensible à la nature
par ton corps à corps avec la terre,
ton dialogue avec les vers
Ô végétalien
pour qu'ils ne mangent pas ta battavia
respect!
battavia aux grandes feuilles asymétriques
couvertes de graines et de pousses fraîchement cueillies dans la terre
du jardin aux plantes fertilisées par le dépôt de tes chiottes bio
extrêmes excréments plongés dans la sciure
d'un bois immortel à la reconversion mystique
un tunnel, de la lumière...
Ô végétalien,
ta crotte nourrit les tiens
végétalien,
tes poils embellissent ta peau aux pores
attireurs de spores
muqueuses développées, odeurs décuplées
polychromies de verts
salive au goût amer
Ô végétalien
ta langue me pique à la gorge
et ton air ahuri fait claquer l'élastique de mon slip
Ô végétalien
quand je te croise avec ton panier dégradé
et tes pompes biodégradables
j'ai envie de fertiliser la terre
avec ce désir hyper palpable
de changer d'air.

NY

et dire qu'il est déjà 12h12 à New-York...

Vivante

je l'ai plaqué lui et sa silhouette divine et son corps sec, ses cheveux au vent et ses yeux bleus, son goût parfait et son bas goût d'enfer. Je l'ai plaqué parce que je ne veux plus être plaquée encore et encore comme d'habitude sous de stupides prétextes de vie que l'on considère comme la normalité mais qui nous bouffe chaque jour.
Chaque jour j'ai pensé à lui comme jamais je n'ai pensé à d'autres, j'ai vécu pour qu'il me regarde enfin comme quelqu'un qu'il peut désormais garder et présenter orgueilleusement. Je me suis tuée chaque jour, souffert comme jamais et épuisée à remonter le gouffre dans lequel je m'étais jetée.
Fini. Terminé. c'est fini!
Aujourd'hui, je vais recouvrer la vue, déployer mon grand corps violemment bossu, afficher mes grandes dents et courrir nue les cheveux au vent. Oui, enfin libre, prête à m'ouvrir pleinement au monde extérieur, prête à me retrouver enfin et jouir de tout, butiner avec les papillons, sauter comme les saumons, taquiner les minets et profiter pleinement. Oui fini ce qui ne mène à rien, je veux jouer aux légos, construire des édifices, générer des marmots et titiller du bouquin chatouilleur de cerveau. Je me fous du bio et des belettes au teint gris-vert, j'aime manger du gras, des rillettes, de la viande saignantes et des boulettes. Je veux vivre dans un verger avec doudou le chien et pompon le chat, je veux faire du char à voile sur la plage en face du jardin et regarder les mouettes voler au dessus de l'océan, me prendre pour Jonathan Livingstone et rêver dans les pâquerettes en regardant les nuages aux formes de songes et de personnages imaginaires, je veux écrire sur ma vielle machine typo et regarder mes enfants rire en s'arrosant au tuyau. Je veux rejoindre mon amoureux dans le hamac et parsemer son visage de baisers tendres, toucher son sourire des doigts et me lover dans ses bras.